L'écolo urbain : entre bitume et tofu
Si vous lisez ce livre dans le métro, dans un café bio avec Wi-Fi ou sur votre balcon de 2 m², il y a de grandes chances que vous fassiez partie de l'espèce des écolos urbains.
L'écolo urbain, c'est celle qui fait de son mieux dans un environnement où un arbre reste un truc bétonné de tous les côtés, et où la notion d'oiseau se résume à une sorte d'ignoble amas de plumes gris et gras capable de vous bouffer le doigt si vous avez le malheur de faire tomber une miette de pain en relançant vos chaussures. Sur le bitume et l'asphalte, elle dévale à plein régime sur les recommandations de l'ADEME : vélo, transports en commun, alimentation végétale ou flexi-consciente… elle a d'abord renoncé aux bouteilles en plastique… et finalement y est revenu parce qu'il y a désormais des PFAS dans l'eau du robinet, et qu'elle n'a pas envie de claquer d'un cancer du pancréas à 40 balais.
Son terrain d'action, ce sont surtout ses choix alimentaires et ses déplacements : elle n'a pas toujours la main pour décarboner son mode de chauffage, parce qu'il y a toujours un relou qui bloque en réunion de syndic; et côté emprise au sol elle est déjà optimisée avec son appart 5 pièces de 52m2 à 689 000€ hors frais de notaire.
Bon, elle a bien conscience que ses achats, parfois un peu trop nombreux, pèsent dans la balance carbone. Son compte en banque fait d'elle une privilégiée et elle voit bien que l'objectif des 2 tonnes de CO₂ par personne, elle n'y sera jamais. Mais, elle au moins, l'objectif, elle le connaît.
