Mehdi Coly

    Mehdi Coly

    Cofondateur de Team for the Planet. Je défends une écologie pragmatique, chiffrée et enthousiasmante — avec de l'humour plutôt que de la culpabilité.

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    Je suis écolo et pourtant j’aime la viande, l’avion, la climatisation, l’intelligence artificielle, les piscines, les fraises en hiver, le foot (toute l’année), et les sashimis de thon. J’aime pas spécialement le vélo, le métro, les douches froides, payer plus cher pour des trucs bios, crever de chaud l’été, me cailler l’hiver, trier des déchets et mettre des vêtements en lin. Pourtant, aujourd’hui je ne prends plus l’avion, j’évite la clim le plus possible, je mange presque plus de viande et de poisson, je fais 90 % de mes trajets du quotidien en vélo, je chauffe à l'électrique, et j’achète beaucoup moins de trucs. En tant qu’entrepreneur, l’administratif et les complexités qui s’appliquent à mes boîtes me saoulent au plus haut point. Pourtant j’appelle à plus de régulation environnementale sur les entreprises. J’ai aussi baissé mon salaire, pris le risque de repartir de 0 en expertise, le tout sans aucune possibilité de m’enrichir puisque cela est statutairement impossible pour les fondateurs de Team for the Planet. Tout ça pour une seule raison (qui n'est pas un penchant pour la sado-masochisme). Parce que je suis persuadé qu’on doit toujours faire une séparation entre nos envies individuelles et les besoins du collectif. La photo sur ce post c'est ma vie d'avant : startupeur de la tech internet, en direct des locaux du Nasdaq. J’avais envie de dribbler. Je me suis mis à faire des passes parce que c’est mieux pour l’équipe. On a vu que malgré l’élégance du concept, la main invisible du marché ne fonctionne pas pour sauvegarder l’habitabilité de la planète par l’être humain. Dans la réalité, si chacun travaille pour ses intérêts individuels et maximise ses intérêts propres, l’humanité est perdue. Si vous avez autour de vous des écolos qui vous semblent pénibles avec les contraintes « qu’ils veulent imposer », Dites-vous qu’ils sont humains comme vous. Qu’eux aussi ont les mêmes aspirations à la liberté et à faire ce qu’ils veulent quand ils veulent. Et oui, ils sont imparfaits. Oui, leur communication est parfois largement perfectible. Mais bon sang depuis 40 ans ils se décarcassent quand même sévère pour favoriser le collectif. Parce que, individuellement, je vous assure qu’eux aussi aiment prendre l’avion, mettre de la clim quand on crève de chaud, et souvent, l’odeur d’une bonne entrecôte grillée (ok pas tous). Ça les amuse moyennement de se faire insulter sur les réseaux sociaux, de dégrader leurs relations avec la famille, les amis. D’être souvent moqués. D’avoir des angoisses en lisant la réalité. Même s’ils sont presque tous incohérents (car il est impossible d’être cohérent à 100 % dans une société incohérente sauf à en sortir, et personne n’a envie de vivre en marge). Ils ont un point commun : ils regardent la vérité en face. Et pour cela on pourrait les remercier. Moi le premier. Car il y a 10 ans, je les voyais clairement comme des empêcheurs de tourner en rond. Mais ça c'était avant d'écouter réellement.

    Le naturisme est de loin la mode vestimentaire la plus écologique. Mais comme la saison n’y est pas propice, parlons fringues quand-même. Quand il y a eu l’épisode BHV-Shein, je me suis permis un petit calcul en ordre de grandeur. Parce que souvent, on croit que les trucs pas chers sont pas chers. Alors qu’en vrai, les trucs pas chers, c’est souvent ce qu’il y a de plus cher. Je m’explique, parce que je sens que vous êtes sceptiques ; Si, si, je le sens. Prenons un exemple À ma droite, un pull d’une marque type Cézane/Balzac - Sans pétrole (exit le synthétique) - Coton bio - Made in France Prix hors Black Friday/soldes/promotion coup de cœur : 100 € Facialement, on se dit : “OK, c’est hors de prix.” Mais ça, c’est avant d’avoir fait le vrai calcul du vrai prix. Car à ma droite, on va regarder ce qui se passe avec un pull Shein à 15 € - Matière synthétique (oui, on porte du pétrole, on l’oublie souvent) - Made in l’autre bout du monde dans des conditions qu’on préfère ne pas regarder trop en détail Ce pull, il est porté en moyenne 7 fois. Oui, c’est peu. Mais c’est le but de la fast fashion : certes il y a le mot « fashion », mais il y a surtout le mot « fast ». Maintenant, revenons à notre pull Cézane/Balzac (ou Van Gogh/Zola) → Selon l’Ademe, il sera porté 100 fois (en moyenne) : par exemple, 10 fois par an pendant 10 ans, ou 20 fois par an pendant 5 ans. Soit environ 1 € par porté Donc deux fois moins cher que Shein. Ça semble évident, mais on n’y pense jamais : le vrai prix d’un vêtement, ce n’est pas son étiquette. C’est son prix par jour d’utilisation. Alors, pourquoi on achète Shein quand même ? Je vois 3 raisons : 1. On n’a pas la trésorerie pour avancer les 100 portés. (Solution : acheter en seconde main ou utiliser son épargne pour « investir à l’avance » dans le fait de ne plus acheter de fringues pendant une longue période - ça, c’est ma méthode) 2. Le cerveau ne fait pas de calcul en ordre de grandeur tout seul, sinon l’ensemble de notre monde pétro-sourcé n’existerait pas 3. On se lasse trop vite de ce qu’on a trouvé cool à un moment donné (alors, comment faire pour être plus imperméable à la mode ? Vaste sujet. Vous avez 3 heures) Allez, je vous laisse, faut que j’aille faire du shopping.

    Comment saboter l’écologie en un seul graphique dans un manuel scolaire (mode d’emploi) Ce graphique est scientifiquement irréprochable. Dommage qu’il soit aussi pédagogiquement catastrophique qu’un cours de maths à 8h du matin après une soirée raclette - pâtisseries Explications. 1️⃣ Demander aux ados de faire moins d’enfants pour sauver la planète, c’est comme demander à un restaurant de fermer pour lutter contre l’obésité : techniquement logique, mais économiquement suicidaire. Alors qu'on aurait pu se contenter de changer la carte pour arrêter de servir des frites-cheddar illimitées et du soda au litre. Et puis, il faut être clair. Une nation, ça a besoin de générations pour tenir debout – pas pour gonfler les stats, mais pour payer les retraites, faire tourner les hôpitaux et innover. L’Éducation nationale n’est pas une ONG mondiale, c’est un outil au service de la France. Alors, question bonus : Une France en PLS économique, est-ce vraiment le meilleur terrain pour financer la transition écologique ? (Indice : non.) 2️⃣ "Un enfant de moins = X tonnes de CO₂ en moins" Oui, techniquement, ne pas faire d’enfant, c’est éviter le CO2 qu'il va inévitable émettre depuis le jour où on lui mettra sa première couche jusqu'à l'empreinte carbone de la fabrication de son cercueil. Sauf que, la science a démontré qu'on pouvait très bien rester sous les 1,5° avec une population mondiale stable ou même en croissance. Par exemple, l'étude d’Ecofys démontre que mieux répartir les richesses, adopter la sobriété énergétique et booster les technologies vertes sont les 3 mesures qui rendent les bébés compatibles avec le climat (par contre, vous enflammez, pas il restent incompatibles avec le sommeil des parents) Le vrai problème, ce n’est pas le nombre de terriens, mais le nombre de 4x4 dans les bouchons et de yachts qui font Paris-Saint-Tropez en brûlant du pétrole comme si c’était du pastis. Conclusion : On peut sauver la planète sans nommer Malthus en chef de projet. 3️⃣ On donne une pelle de 3m2 pour se faire fesser... Oui, vous le voyez venir : "l’écologie, ce truc pour bobos qui détestent les bébés (et les nations)" Résultat des courses : Les écolos passent pour des extraterrestres qui veulent supprimer Noël, les naissances et les barbecues. L’extrême droite se frotte les mains : "Vous voyez ? "Ils" veulent votre extinction !" (alors qu'en fait, dans 99% des cas, "ils" veulent juste des moyens de transport collectifs fiables, de la nourriture qui donne pas trop le cancer et des logements qui isolent mieux.) Alors oui, ce graphique est techniquement vrai, mais stratégiquement douteux. Un peu comme un médicament qui soigne la maladie… mais donne envie de se jeter par la fenêtre.

    Comment devenir végétarien par conviction quand tu rêves de saucisson la nuit et que l’entrecôte est ta meilleure amie ? J’ai réduit ma consommation de viande de 95 %, sans perdre mes amis, et sans calculer quoi que ce soit. Pas de discours. Pas de tofu imposé. Et je vous rassure, Sandrine Rousseau n’est pas venue me confisquer ma merguez. J’ai juste fait 3 trucs simples : 1. Ne pas tout couper d’un coup. Manger végétarien 6 jours sur 7, c’est déjà énorme. Et ça évite : – Le clash à Noël avec la dinde de Mamie – Le moment relou où tu es invité et où il y a de la viande – La réputation de casse-bonbon moralisateur (la réputation, j’ai dit, hein les vegans, on se détend). 2. Ne pas acheter de viande Ça paraît bête, mais au quotidien, si tu n’en achètes pas, tu n’en manges pas. Si ton +1 n’est pas convaincu, mais que c’est toi qui fais les courses et la cuisine, tu l’embarques forcément (corvée courses + cuisine contre brocoli, un deal gagnant-gagnant). P.S. Ne JAMAIS faire les courses le ventre vide. Le chorizo XXL est un démon. 3. Ne pas dire que c’est végé. Tu veux faire aimer le végétarien aux enfants ? Sers un curry coco pois chiche (AVEC DE LA CORIANDRE). Attends les compliments. Puis lâche, l’air de rien : “ha oui, au fait, c’était végé.” Bim. Dans ta face le mioche. Et les apports nutritifs ? Je suis totalement incapable d’avoir la discipline de compter les apports d’un régime vegan : combien de pois chiches et de lentilles faut-il cuisiner dans la semaine ? No se señor. Alors, je suis pas vegan, je sais que c’est au-dessus de mon niveau de rigueur, mais il faut savoir se situer avec lucidité dans l’échelle de la motivation. Du coup : - les œufs sont mes meilleurs amis (quasi tous les jours) - 1 repas carné/semaine pour assurer. - Lait d'avoine (en capuccino, c'est un régal) J’ai eu l’occasion de faire un bilan sanguin : 0 manque. Ha oui, il y a un truc qui marche super bien pour moi, afin de garder la motivation dans le temps : j’ai décidé il y a 7 ans de tendre au végétarisme par cohérence environnementale, en suivant les recommandations de l’Ademe. Mais regarder les vidéos de L214 m’a considérablement fait évoluer dans ma réflexion et dans ma sensibilité. Je ne dis pas que tuer des animaux pour les manger est un crime, mais je m’interroge vraiment sur les ordres de grandeur (70 milliards de poulets abattus par an, ça peut choquer) et les modes d’élevage/abattage. Surtout, la quantité induit des conditions d’élevage dégradées : le nombre fait qu’il est mathématiquement compliqué d’assurer une vie décente aux animaux d’élevage. Donc une très grosse réduction à l’échelle mondiale pourrait considérablement améliorer la situation. Et quand on veut ça, on commence par soi-même. Disclaimer : ce post s’adresse à ceux qui veulent devenir végétariens, pas à ceux qui veulent continuer à manger de la viande. Chacun fait comme il veut, je ne fais pas la police des barbecues :)

    C’est décidé, je quitte ce pays. Ce pays où on ne peut pas entreprendre. Où on n’aime pas les riches. Où on valorise la médiocrité. Où il est impossible de réussir. Où la performance dérange. Où on préfère les allocs à l’ambition. J’ai pris le temps de chercher un pays qui donne vraiment envie d’entreprendre. Un pays où on investit, où on innove, où on rayonne. Et j’ai trouvé. Je pars m’installer dans ce pays qui : - Attire le plus d’investissements étrangers en Europe - Affiche une productivité horaire de 86€ (vs 67€ dans l’OCDE) - Est n°1 européen en nombre d'entreprises dans le Top 500 mondial - Est 2ᵉ contributeur européen aux brevets déposés à l’EPO - Est 1er producteur agricole en Europe - Se classe 2ᵉ mondial en médailles Fields - Est 4ᵉ puissance mondiale en intelligence artificielle - Est 4ᵉ au classement Nobel - Se classe 3ᵉ au monde au Global Cities Index (sa capitale) - Se classe 10ᵉ mondial en patrimoine net par habitant - Est 7ᵉ mondial en nombre de millionnaires par 1000 habitants - Est 5ᵉ exportateur mondial - Est 4ᵉ au monde en nombre de sites UNESCO - Est 6ᵉ au Global Soft Power Index 2024 - Affiche la 2ᵉ espérance de vie la plus élevée d’Europe de l’Ouest (hors micro-États) - Est 4ᵉ nation la plus médaillée aux JO - Est 2ᵉ en R&D privée en Europe - Et abrite le plus grand incubateur de startups au monde - Est 1ère destination touristique mondiale (tout le monde veut le visiter) Alors voilà. Je quitte les clichés, les jérémiades, les défaitismes. Je quitte la Dépressie. Et je m’installe là où on construit, on crée, on invente. Je m’installe en France.

    Si on se prive des pesticides, nos betteraves françaises vont mourir à la première invasion de pucerons. Et ce sont allemands qui vont prendre tout le marché du sucre. Car les Allemands, eux, n’interdisent pas ces pesticides. Les Brésiliens, encore moins. Cet argument est le seul qui soutienne positivement la réintroduction de ces pesticides avec la loi Duplomb. Mais c'est un argument important. Parce que nous sommes tous préoccupés par la compétitivité de nos agriculteurs. De tout façon, si ce n'est pas nous qui utilisons ces pesticides, ce seront les autres, alors autant que ça bénéficie à notre économie. Mais, juste par acquis de conscience, on va vérifier ensemble un petit détail. Une fois les abeilles éliminées par les pesticides, on a un souci de pollinisation. Alors, il se passe un truc embêtant économiquement. Les champs tout autour de la zone traitée perdent 30 % de rendement. Une bagatelle. Et puisqu’on en est à parler d’argent, la science a démontré que les marges brutes sont inférieure, jusqu'à 40% dans les champs avec moins de pollinisateurs. Une paille. Et quand on parle des champs autour, on parle d’un rayon de 2 à 3 km, soit 1 200 à 2 800 hectares. Pour donner une idée, la moyenne de taille des exploitations agricoles en France, c’est 69 hectares. Tout cela nous amène à une question : pourquoi ne laisse-t-on pas les Allemands amputer leur production de 30 % à 40 % à force d’utiliser les pesticides ? Rira bien qui rira le dernier, non ? Alors bien sûr, il y a le sujet du très court terme : que faire pour les champs de betteraves envahis de pucerons dès cette année ? Bon, déjà, de quelles pertes parle-t-on ? En 2020, on était sur une perte de rendement moyen de 25 % à 30 % (ah tiens, c’est un poil moins que ce que font perdre en rendement les pesticides sur les champs voisins). Alors, je ne sais pas si quelqu’un a déjà fait le calcul, mais il est fort possible, au vu de ces ordres de grandeur, qu’en permettant à la betterave de maintenir son rendement grâce aux pesticides, on crée des pertes plus lourdes sur les champs voisins. La difficulté qu’on a avec les sujets environnementaux, c’est qu’on arrive toujours mieux à calculer les bénéfices à court terme d’une agression à l’environnement, mais rarement à mesurer les coûts à long terme de cette agression. Dans le domaine du climat, les chiffres sont effarants : Chiffre d’affaires total du pétrole et du gaz dans le monde : 5 929 milliards USD Coût annuel du changement climatique pour l’économie mondiale : 38 000 milliards USD (étude Potsdam Institute) Oui, le seul argument en faveur de l’agression à l’environnement est économique. Mais cet argument ne résiste pas à trois minutes d’examen des ordres de grandeur. Un jour, on se le mettra dans la tête : la Terre rend des services gratuits qui coûtent une fortune si on décide de les contourner. Un coup de canif dans un arbre, ce sont des euros qui tombent de notre poche.